jeudi 2 août 2007


De retour pour quelques jours, je viens de voir sur plusieurs sites une création de Robert LANGHORN, un vase en forme de balle. Influencée par mes lectures du moment, je suis entre autre plongée dans le livre: "ethnologie du décor en milieu ouvrier, le bel ordinaire" de la sociologue Joëlle DENIOT, je saute de joie en me disant voilà un joli hommage a ces munitions de la guerre de 14_18 ramenées dans les familles. Souvent sculptées et toujours vidées de leurs poudres, elles étaient un passe-temps pour les soldats attendants le prochain ordre de monter à l'assaut, aujourd'hui, elles sont souvent employées comme vase pour des fleurs séchées. Je ne suis pas une super collectionneuse de bibelot, mais je suis attachée aux souvenirs, je suis persuadée que si l'homme regardait plus dans son passé il ne répèterait pas toujours les mêmes conneries. Mais j'avoue que s'il m'était donné d'avoir une de ses balles je ne pourrai que la conserver dans un placard, ne pouvant, car c'est un symbole, m'en séparer mais à la fois repousser par ce qu'elle représente (l'attente dans la crainte de la mort) et surtout ne voulant pas lui donner une autre image qui lui est attribué à beaucoup d'entre elle aujourd'hui, celle d'un ramasse poussière sans aucune signification. Pour ma part dans ma famille nous n'avons pas d'arrière grand-père qui soit revenu de cette guerre, et il nous reste comme seule trace une dernière carte tachée de son sang qu'il a écrit de ses mains peu de temps avant de mourir. Bref, J'attache beaucoup d'importance donc aux symboles et aux hommages qui sont souvent les seules traces vivantes du passé et je suis un peu déçue que ce vase ne symbolise pour son créateur qu'une "notion d'armes mortelles comme produit de consommation". La création de ce vase n'a donc aucun lien avec la guerre de 14_18, mais avec les supermarchés américains qui vendent des balles comme du papier toilette.
Mais heureusement on peut donner la signification que l'on veut aux objets.

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